Résumé
Le syndrome de Cyriax, aussi appelé syndrome de la côte glissante, correspond à une douleur liée à une hypermobilité de certaines côtes basses et à l’irritation des structures environnantes.
Il peut provoquer une douleur thoracique, costale ou abdominale parfois impressionnante, souvent aggravée par certains mouvements, la respiration profonde ou les efforts.
Le diagnostic est principalement clinique, car les examens d’imagerie peuvent être normaux.
La prise en charge dépend de l’intensité des symptômes, de leur ancienneté et de leur impact sur le quotidien. Dans certains cas, un suivi personnalisé peut être utile pour diminuer les douleurs, retrouver une meilleure mobilité et limiter les récidives.
Une douleur vive sous les côtes. Une gêne qui apparaît lors d’un mouvement, d’un effort ou d’une inspiration profonde. Parfois même une sensation de “côte qui bouge” ou qui accroche.
Ce type de symptômes peut être particulièrement inquiétant, d’autant plus que les examens d’imagerie reviennent parfois normaux.
C’est justement ce qui rend le syndrome de Cyriax, aussi appelé syndrome de la côte glissante, parfois difficile à identifier.
Au cabinet, je rencontre régulièrement des patients qui ont consulté plusieurs fois avant que l’origine de leur douleur soit réellement comprise.
Le problème n’est pas forcément que les examens ont été mal réalisés.
C’est surtout que ce syndrome est encore relativement peu connu et que son diagnostic repose beaucoup sur l’examen clinique et le contexte dans lequel la douleur apparaît.
Dans cet article, nous allons voir :
- ce qu’est réellement le syndrome de Cyriax ;
- les symptômes les plus fréquents ;
- les causes possibles ;
- les traitements disponibles
L’objectif est simple : vous aider à mieux comprendre cette douleur costale parfois déroutante et savoir quand consulter.
Qu’est ce que le syndrome de Cyriax ?
Le syndrome de Cyriax ou le « syndrome de la côte glissante » désigne une subluxation des cartilages antérieurs des dernières côtes (8, 9 et 10 ème côtes) qui deviennent alors très douloureuses.
Cette douleur a pour origine la compression du nerf intercostal, situé entre les côtes. Le cartilage costal devient plus mobile que la normale, de ce fait la côte mis en cause va basculer au dessus ou en dessous de son cartilage.
Ce syndrome touche généralement les hommes âgés entre 20 et 80 ans.
Petit rappel sur la subluxation :
« Luxation incomplète, par déplacement partiel des deux extrémités osseuses d’une articulation. » Larousse
Une douleur sous les côtes revient régulièrement sans explication claire ?
Lorsque les examens sont rassurants mais que la gêne persiste, un examen clinique peut aider à mieux comprendre l’origine des symptômes.
Quels sont les causes et les signes ?
Le diagnostic du syndrome de Cyriax pose des défis en raison du fait que les patients ne font pas toujours le lien entre leurs douleurs et le traumatisme initial, compliquant ainsi le diagnostic.
Les résultats des examens d’imagerie se révèlent généralement normaux, rendant le diagnostic encore plus ardu.
On distingue deux types de traumatismes à l’origine du syndrome de Cyriax :
- Les événements directs, tels qu’un choc direct sur les côtes, les sports de contact impliquant des coups répétés sur l’avant du tronc, les chutes et les accidents de la route impliquant un choc.
- Les événements indirects, effort musculaire intense et inapproprié, une traction ou une poussée intense, ainsi qu’un éternuement puissant.
Les signes cliniques sont les suivants:
- Une douleur spontanée et intense
- Une augmentation de la douleur lors des mouvements du haut du corps, lors d’un éternuement ou de l’inspiration forcée
Quels sont les traitements et comment l’ostéopathie peut elle m’aider ?
Les traitements de bases visent à réduire la douleur, généralement il vous sera prescrit des antalgiques ou des anti inflammatoires, du repos, un bandage élastique afin de soulager le point douloureux.
Dans certain cas si la douleur ne passe toujours pas, l’infiltration ou la chirurgie seront envisagées.
Et si la douleur persistait parce que la prise en charge devait être ajustée ?
Une réévaluation clinique peut permettre d’identifier les facteurs encore présents et de construire une stratégie plus adaptée à votre évolution.
Mes conseils :
Prendre soin de soi est essentiel, surtout après un traumatisme, et cela commence par le repos.
Les muscles intercostaux, situés entre deux côtes, peuvent se contracter en cas de perte de mobilité costale.
Un étirement que vous pouvez réaliser, consiste à « ouvrir » l’espace intercostal (vidéo en fin d’article) : En position assise, le bras du côté douloureux est placé au-dessus de la tête, puis on s’incline délicatement vers le côté non douloureux, en veillant à maintenir les fesses à plat.
Il faudra maintenir la position pendant une minute 30 à deux minutes tout en restant en deçà du seuil de douleur et en respirant profondément.
Il est important de faire régulièrement des exercices d’étirements afin d’éviter l’apparition de douleur.
Les exercices de respiration sont également bénéfiques. Ils permettent d’améliorer la respiration abdominale et de diminuer les pressions excessives sur le nerf intercostal.
Les exercices contribuent à restaurer une amplitude thoracique adéquate, améliorant ainsi la mobilité costale.
Cas clinique rencontré au cabinet
J’ai récemment accompagné un patient présentant depuis plusieurs semaines une douleur située sous les côtes, majorée par certains mouvements et parfois par la respiration profonde.
Au départ, il pensait à une simple douleur musculaire et avait surtout essayé de se reposer en attendant que cela passe.
La douleur avait parfois diminué, mais elle revenait régulièrement et commençait à limiter certaines activités du quotidien.
Lors de la consultation, l’examen clinique a permis de mieux préciser la zone douloureuse, les mouvements déclenchants et les contraintes qui semblaient entretenir les symptômes.
La prise en charge a alors été adaptée à sa situation, avec un travail manuel ciblé, des conseils personnalisés et des exercices à réaliser progressivement entre les séances.
Au fil du suivi, la douleur a diminué et le patient a surtout retrouvé davantage de confiance dans ses mouvements et une meilleure compréhension de ce qui pouvait déclencher ses symptômes.
Ce cas illustre bien un point important :
lorsqu’une douleur persiste, l’objectif n’est pas simplement d’appliquer une technique, mais de comprendre ce qui entretient les symptômes et d’adapter la prise en charge à l’évolution du patient.
Votre douleur costale persiste ?
Une prise en charge adaptée à votre situation peut permettre de mieux comprendre ce qui entretient les symptômes et de construire une stratégie plus cohérente dans le temps.
Combien de temps dure un syndrome de Cyriax ?
La durée d’un syndrome de Cyriax peut varier selon l’origine de l’irritation costale et les contraintes quotidiennes appliquées sur la zone douloureuse.
Chez certains patients, la douleur peut disparaître en quelques jours, tandis que chez d’autres elle peut persister plusieurs semaines si la cause mécanique n’est pas identifiée.
Une prise en charge adaptée permet généralement d’améliorer plus rapidement les symptômes et d’éviter que la douleur ne devienne chronique.
Le syndrome de Cyriax peut-il revenir ?
Oui, une récidive est possible si les facteurs qui ont provoqué l’irritation costale ne sont pas corrigés.
Certains gestes répétés, certaines postures ou des contraintes mécaniques importantes sur la cage thoracique peuvent favoriser la réapparition de la douleur.
Identifier ces facteurs et adapter certaines habitudes du quotidien permet souvent de limiter les récidives.
Le syndrome de Cyriax est-il grave ?
Le syndrome de Cyriax est une affection bénigne d’origine mécanique.
Cependant, la douleur peut être très impressionnante et parfois inquiéter les patients car elle peut ressembler à une douleur cardiaque ou thoracique.
C’est pour cette raison qu’il est important de consulter un professionnel de santé afin de confirmer l’origine de la douleur et d’écarter d’autres causes plus sérieuses.
Quand consulter pour une douleur aux côtes ?
Il est recommandé de consulter lorsque la douleur :
- persiste plusieurs jours malgré le repos
- devient plus intense ou gênante dans les mouvements
- réapparaît régulièrement
- s’accompagne d’autres symptômes inhabituels.
Un examen clinique permet alors d’identifier l’origine de la douleur et de proposer une prise en charge adaptée.
À propos de l’auteur
Clément Salort — Ostéopathe D.O — Spécialiste des douleurs aigues et chroniques du dos & cervicales
J’accompagne régulièrement des patients présentant des douleurs thoraciques, costales ou persistantes, notamment lorsque les symptômes sont difficiles à comprendre ou qu’ils reviennent malgré plusieurs tentatives de prise en charge.
Mon approche repose sur une analyse clinique précise, l’étude des mouvements qui reproduisent la douleur et la recherche des facteurs susceptibles d’entretenir les symptômes.
Lorsque cela est pertinent, la prise en charge peut associer techniques manuelles, conseils personnalisés, exercices et réévaluation de l’évolution du patient.
J’exerce à Saint-Gratien, à Ermont et également à domicile.